La série de « Guerriers Bantous » aperçue un peu partout sur les murs des villes de Paris, Berlin, Miami, Libreville et maintenant le Maroc sur les murs blancs de la médina d’Azzemour (Maroc), a propulsé l’artiste Kouka Ntadi sur le devant de la scène. Partout où l’artiste passe, il n’hésite pas à y laisser son empreinte. L’artiste de Street Art, un mouvement artistique encore marginalisé par rapport aux arts classiques, exprime sa vision du monde en nous interpellant sur sa perte de valeur et d’identité.
Petit fils du peintre expressionniste Francis Gruber, fils d’une dramaturge française et d’un artiste Congolais , Kouka est né à Paris en 1981 et est diplômé de l’Ecole d’Art d’Avignon en 2005. Cet artiste franco congolais porte l’influence de l’Afrique dans son travail de manière consciente parfois, de manière inconsciente souvent. Mais attention, l’artiste exprime avant tout une universalité dans ses œuvres en restant cependant dans une quête de l’Origine, celle de l’homme qui prendrait ses sources en Afrique berceau de l’humanité. Bantou qui signifie « humain » en langue Kongo, désigne également un ensemble de peuples vivant entre le Cameroun et l’Afrique du sud.

« Le bantou en réalité n’est pas un guerrier mais, mes bantous à moi se dressent comme tel pour défendre des valeurs ».

En 2011, il peint 77 guerriers bantous sur les fenêtres d’un immeuble en réhabilitation situé 40 rue René Boulanger Paris 10ème. Le bâtiment racheté pour être transformé en hôtel de luxe a tout de suite suscité de l’émotion lorsque les travaux ont commencé. « Il faut sauver les guerriers bantous »…de la République « , titrait la presse nationale. Et coup de poker, le promoteur immobilier a manifesté son soutien au travail de l’artiste en organisant la vente aux enchères des fenêtres. Douze oeuvres ont été vendues et les fonds reversés à la fondation Jacques Chirac et l’AMREF Flying doctors, une ONG de santé publique en Afrique.
Les guerriers Bantous sont la signature emblématique de l’artiste. Leurs présences sur les murs des grandes villes, nous rappellent que l’artiste jouit d’une extrême liberté et qu’il se sent libre dans le monde qui l’entoure. Libre de s’exprimer dans la rue, libre de mélanger les genres comme on peut l’apercevoir dans son exposition « Butterfly » à la galerie Taglialatella (peinture, collage, bombe à peinture, bois), libre de faire du rap… Oui, Kouka Ntadi écrit et interprète ses chansons, et c’est d’abord dans la musique qu’il s’est découvert l’âme d’un artiste. Il traduit et dépeint comme un fil rouge, sa réflexion sur l’Identité et l’Origine. Cela se manifeste par l’utilisation presque toujours de couleurs primaires : blanc, noir, jaune, bleu. Mais aussi par l’utilisation de matériaux moins conventionnels dont l’artiste nous démontre un parfait exemple de recyclage très chic (carton, affiches de films du métro, palettes de bois).
Il n’y a pas de doute, Kouka Ntadi est lui même un guerrier Bantou qui nous invite aussi à nous lever pour nous exprimer dans l’espace qui nous entoure, à nous sentir libre… Il nous plonge dans sa quête des Origines, de la Liberté et de l’Universalité. L’artiste nous met en garde tout de même : ses œuvres sont éphémères. De même, saisissez et profitez de chaque moment car l’avenir est incertain. La notion du temps est donc très importante dans son œuvre. L’artiste peut passer beaucoup de temps à la réalisation de chaque détail, c’est important pour lui malgré le caractère éphémère de certaines de ses œuvres.

Nous avons rencontré l’artiste de 34 ans, au sein de la Galerie Taglialatella où il expose actuellement jusqu’au 30 avril 2015 dans une exposition intitulée « Butterfly ». L’artiste d’une rare simplicité et très humble se fait votre guide le temps de quelques minutes. Le Street-Artiste est talentueux et son empreinte urbaine continuera d’étonner, d’interpeller et de donner du sens partout où il passera.
Kouka Ntadi, le guerrier bantou se pose en messager lors de chaque voyage pour nous dire : connais ton Identité et avec, sens toi Libre de parcourir le monde.

Jacqueline NGO MPII

Plus d’infos :
www.kouka.me

Sa performance à Miami

A Vitry-sur-Seine