L’Unesco travaille depuis 20 ans sur un projet intitulé « La Route de L’esclave ». Lancé en 1994 à Ouidah, au Bénin, le projet La Route de l’esclave poursuit un triple objectif:
• Contribuer à une meilleure compréhension de ses causes et des modalités d’opération ainsi que des enjeux et des conséquences de l’esclavage dans le monde (Afrique, Europe, Amériques, Caraïbes, l’océan Indien, Moyen Orient et Asie) ;
• Mettre en lumière les transformations globales et les interactions culturelles issues de cette histoire ; et
• Contribuer à une culture de la paix en favorisant la réflexion sur le pluralisme culturel, le dialogue interculturel et la construction des nouvelles identités et citoyennetés.
En décembre 2012, le projet a organisé une réunion technique sur l’élaboration d’un guide méthodologique et des modules de formation destinés aux opérateurs culturels pour la mise en place et le développement d’un tourisme de mémoire lié à traite négrière, l’esclavage, leurs résistances et leurs abolitions à travers les différentes régions du monde (Afrique, Amériques, Caraïbes, Europe, Océan indien).

Promotion des expressions artistiques et spirituelles
La traite négrière a provoqué une rencontre frontale entre des peuples d’Afrique, d’Amérique, d’Asie et d’Europe. Ces échanges, qui se sont déroulés dans des conditions extrêmes, ont créé une dynamique qui va profondément transformer les aires géographiques concernées. L’entrelacement de coutumes, de langues, de cultures et de religions et des comportements vont contribuer à l’émergence de nouvelles formes d’expressions culturelles, artistiques et spirituelles.
Le projet soutient la mise en valeur de ces cultures vivantes. En mettant un accent sur les aspects les moins connus de ces influences réciproques, il permet de comprendre les nouveaux codes culturels et manifestations artistiques nés de ce dialogue entre les africains et les autres peuples rencontrés sur les différentes routes de l’esclavage. Les modalités de ce processus interculturel qui transcende l’espace, le temps, mais également les préjugés raciaux méritent une attention particulière pour la compréhension de la construction des identités et des citoyennetés des sociétés modernes. En apportant son soutien et en octroyant son label à l’organisation de grands événements culturels tels que des festivals de musique, de cinéma et des événements de commémoration, le projet La route de l’esclave entend valoriser cet héritage commun pour le rendre plus visible.

La diaspora africaine – Afro-descendants
Le 10 décembre 2014, l’Assemblée Générale des Nations Unies a lancé la Décennie Internationale pour les Personnes d’Ascendance Africaine (2015-2024) à New York.
La diaspora africaine résulte de la déportation d’africains à l’époque de la traite esclavagiste du VIIème siècle au XIXème siècle (traite arabo-musulmane et européenne).
On la retrouve principalement sur le continent américain dans les Caraïbes (Guadeloupe, Martinique, Bahamas, Anguilla, Cuba, Puerto Rico, République Dominicaine, Jamaïque, Haïti, Saint-Barthélemy, Saint-Martin…), la Guyane, aux Etats-Unis, partout en Amérique latine, sauf au Chili et en Argentine. On en retrouve aussi dans les îles de l’Océan indien, les îles Seychelles, la Réunion, Maurice, le Cap Vert et Sao Tomé y Principe. En 2003, selon une étude réalisée par l’IAC « Afro Descendants in Latin America : How many ? » , la population afro descendante s’élèverait approximativement à 150 millions de personnes en Amérique Latine, soit environ un tiers de la population totale latino-américaine.
Les pays où l’on trouve le plus grand pourcentage d’afro descendants en Amérique latine sont la République Dominicaine (84%), Cuba (62%) et le Brésil (46%). D’ailleurs le Brésil est le pays regroupant la plus forte concentration de population noire après le Nigéria sur le continent africain (76 millions d’afro-brésiliens) . A ces 150 millions, ajoutons les afro descendants d’Asie, de l’Océan Pacifique et du Moyen-Orient (chiffre non trouvé), ceux d’Amérique du Nord (40 millions ), de la zone des Caraïbes (29 millions ) et d’Europe (8 millions ). chiffres approximatifs

Plus d’infos: http://www.unesco.org/new/fr/culture/themes/dialogue/the-slave-route/