Jusqu’au 8 janvier 2017, la Fondation Cartier présente Le Grand Orchestre des Animaux. Little Africa l’a vu comme une exposition belle et engagée, qui souligne la créativité des animaux et invite le visiteur à réfléchir sur sa relation avec eux, ainsi que sur sa place dans le concert des êtres vivants.

L’épicentre de l’exposition est l’oeuvre monumentale de Bernie Krause, musicien et bio-acousticien américain. Durant sa carrière, il a accumulé plus de 5000 heures d’enregistrements, représentant plus de 15 000 espèces d’animaux. Grâce à son travail, on peut prendre la pleine mesure du monde merveilleux de la biophonie (“bio” pour le vivant, “phonie” pour le son). Le Grand Orchestre Animal (Flammarion, 2013), dans lequel il explique sa quête de l’origine non-humaine de la musique, donne son nom à l’exposition.

Autour de la contribution fondamentale de Bernie Krause, une sélection d’oeuvres produites par des artistes du monde entier permet d’étayer la philosophie de l’exposition: démontrer que les animaux sont des artistes nés, qui ne forcent pas leur nature, faire réfléchir le spectateur, le plonger dans un méditation sur sa relation avec la nature. Respectons-nous assez les animaux? Sommes-nous bien conscients de ce qui se produit sous la surface des océans? Prenons-nous le temps d’écouter ce qui se passe autour de nous? Émerveillons-nous assez de toute la poésie qui nous entoure, la voyons-nous? Agissons-nous en conséquence?

Moke, L’Orchestre dans la forêt

Cette exposition didactique mérite que le visiteur prenne le temps de tirer des leçons de chaque oeuvre. Que voulait dire l’artiste? Qu’a-t-il voulu souligner? Pourquoi a-t-il peint ce tableau de cette façon? Quel est le message derrière ce cliché?

JPMika

JP Mika, Les Bruits de la nature, 2012 Acrylique sur toile, 152 × 126 cm Collection privée. © JP Mika Photo : André Morin

La scénographie a séparé l’exposition en deux ambiances distinctes, mettant en valeur les œuvres. Au rez-de-chaussée, les tableaux des artistes africains Pierre Bodo, JP Mika, Cyprien Tokoudagba et Moke sont présentées dans une scénographie brute et épurée, faite de bois, de béton et de briques. Les parois en verre du bâtiment, presque invisibles, et les Oiseaux Artistes du Cornell Lab of Ornithology créent un mélange homogène avec le Jardin de la Fondation.

L’été est d’ailleurs la meilleure saison pour se rendre à la Fondation Cartier. Le bâtiment conçu par Jean Nouvel en 1994 se fond et se mélange parfaitement dans la nature verdoyante.

Au sous-sol, dans une atmosphère abyssale, deux univers parallèles cohabitent. La grande salle présente exclusivement les Paysages Sonores de Bernie Krause. Installez-vous et attendez l’enregistrement consacré à la forêt de la Dzanga-Sengha, réalisé en Centrafrique avant l’exploitation forestière. L’eau et la lumière réagissent au son. Parfois effrayant, parfois relaxant, toujours intense.

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Les deux autres salles sont une ode au monde sous-marin, à ses bruits, et ses couleurs, visibles au microscope. Une très belle expérience sensorielle, un univers parallèle à qui il faut donner le temps de nous envoûter.

L’exposition court jusqu’au 8 janvier 2017, vous avez certes le temps mais n’oubliez pas de le noter dans votre agenda !

 

S’y rendre:

Fondation Cartier, 261 Boulevard Raspail 75014 Paris

Du 2 juillet 2016 au 8 janvier 2017