photo non datée de Léopold Sédar Senghor, président du Sénégal entre 1960 et 1980. AFP PHOTO

 

Article Culture Box par  Jean-Francois Lixon

A Poitiers où il fut prisonnier pendant la guerre, l’association « Le toit du monde » consacre une exposition à une figure majeure de la poésie francophone, Léopold Sédar Senghor, intitulée « L’Africain universel » . Elle rappelle que l’écrivain eut une importante activité politique, qu’il fut député français avant d’être élu président du Sénégal.

Il suit des études littéraires à Paris, rencontrant Aimé Césaire et se liant d’une solide amitié avec un condisciple qui connaîtra lui aussi un destin présidentiel, le jeune Georges Pompidou, également passionné de poésie.
Sa première carrière sera professorale. Léopold Sédar Senghor enseigne les lettres classiques à Tours. Il vient de se faire remarquer en étant le tout premier étudiant originaire d’un pays d’Afrique à décrocher, en 1935, l’agrégation de grammaire.

Bien que naturalisé Français dès 1934, il est versé, à la déclaration de guerre, dans un régiment d’infanterie coloniale composé de combattants africains. Prisonnier de l’armée allemande, il évite par miracle le passage par les armes et reste prisonnier deux ans. Une période qu’il mettra à profit pour écrire de la poésie.

Un poète au gouvernement

Il sera élu en 1945 député du Sénégal et de la Mauritanie alors que les colonies viennent enfin d’acquérir le droit d’avoir des représentants à l’Assemblée nationale. Il le restera jusqu’en 1958, siégeant sur les bancs de la gauche. De 1955 à 1956, le poète intègre le gouvernement français, il est alors secrétaire d’État à la présidence du Conseil dans le gouvernement mené par Edgar Faure. Il participera à la rédaction de la constitution de la Ve République.

Très actif avant la vague d’indépendances autour de 1960, Sédar Senghor devient cette année-là le premier président de la République du Sénégal. C’est lui qui rédige les paroles de l’hymne du pays « Le lion rouge« .

Un des pères de la Francophonie

Mais le personnage est toujours auréolé de sa gloire de poète. Avec quelques autres personnalités du monde francophone comme Norodom Sihanouk ou Habib Bouguiba, Senghor est reconnu comme l’un des pères de la Francophonie.

Premier Africain sous la Coupole

Elu en 1983 à l’Académie française, il est le premier Africain (une nouvelle fois) à faire son entrée sous la coupole. François Mitterrand alors président de la République assistera à sa réception.

L. S.Senghor prendra toujours position contre le racisme.

 

 

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jusqu’au 8 février 2019