Découvert en 2014 lors de son exposition Vodouns & Orixas, à la Galerie Lawson dans le 5ème arrondissement de Paris, l’artiste William Adjéte Wilson nous a accueilli dans son atelier du 15ème arrondissement de Paris où il est installé depuis 15 ans. D’une grande générosité et sincérité, l’artiste nous a raconté son histoire, celle de ses racines, qui apparaît comme indissociable à ses œuvres.

A la croisée des différentes entités que sont l’Afrique et l’Occident, l’Histoire et la Modernité, l’artiste nous a rappelé qu’il est avant tout un citoyen du monde. Il explore et exploite son environnement refusant toute catégorisation.

« Je ne suis pas un africaniste. Je suis un  simple militant de la réalité dans laquelle je me trouve. »

 

Au commencent, un Océan Noir

Fils d’un père Togolais aristocrate et d’une mère Française, il est issu de cette vaste diaspora africaine, produite au cours des siècles, par des phénomènes que nous connaissons bien : la traite des esclaves, la colonisation, les migrations, et les exils. Une histoire riche, qu’il a choisi de raconter dans son expression artistique. D’abord avec « L’Océan Noir, the Black Ocean, O Oceano Negro », un ouvrage littéraire qui conte l’histoire de la quête d’un homme vers son identité. Le livre conçut pour être un outil pédagogique retrace « l’histoire d’hommes et de femmes noirs, des puissants rois africains ou actifs marchands d’esclaves, captifs emmenés vers le continent américain et transportant avec eux leur culture et leurs traditions », préface Gallimard. C’est à 20 ans qu’il commence à découvrir le roman de sa lignée africaine de grands commerçants du Togo du Ghana et du Bénin. « Ma grand mère était une Nana Benz* et descendante d’esclaves du Brésil revenue au Bénin ». Histoire fascinante vous dites ? Ce n’est pas tout.

Le livre présente aussi une série de tentures en appliqué de coton teint réalisé dans un atelier traditionnel d’Abomey au Bénin. De nombreux séjours au Bénin pour s’appliquer à cette technique et être au coeur de ses racines dont il s’imprègne au fur et à mesure. Fruits de ces longs séjours, l’idée d’écrire un livre émerge, mais aussi la réalisation de tentures peintes et enfin des bouts de tissus. Des bouts de tissus qu’il récupérera non pas de sa grand mère Nana Benz (commerçante de tissus africains), mais des ateliers de coutures dans le quartier dans lequel il réside au Bénin. Toutes ces couleurs, ces formes, ces histoires autour de chaque tissu, l’artiste va s’éprendre de ce textile qui quelque part, reflètent l’histoire de sa vie tel qu’il le vit à ce moment là : Un Océan noir. Il va d’abord les coller sur les lettres postales qu’il envoie à ses amis dans le monde comme pour dire, je vous envoie des bouts de mon histoire dont je tente de recoller les morceaux.

 

Voduns & Orixas

C’est ainsi que va naître la collection Voduns et Orixas. Parti de bouts de tissus en Afrique, c’est désormais à Paris que l’artiste va étoffer sa collection. Comme support désormais, ce sera du papier épais, artisanal pour retranscrire des symboles, des rêves, des souvenirs qui se mêlent aux objets du quotidien et animaux : parapluie, cheval, masques, ordinateur.

On est interpellé par toutes ces figures et cet imaginaire qui nous plonge au cœur de la culture vodou, culte religieux conservé par les esclaves d’Afrique et très répandu en Haïti.

L’œuvre de l’artiste est en perpétuel mouvement, il voyage sans cesse. Son travail de tentures (drapeaux de célébration utilisés dans le culte vodou) initialement commencé au Bénin est désormais mis en œuvre aussi en Haïti. La technique y est différente puisque en Haïti la peinture a été remplacée par des perles : Perlage de Lunéville.

William Adjété Wilson expose essentiellement à l’étranger (Etats-Unis, Haiti, Bénin et prochainement à Londres au 1 : 54, foire d’art contemporaine).

Son travail est teinté de ses racines mais aussi de l’environnement qui l’entoure et des questions qu’il soulève. A l’heure où tous les regards sont tournés vers ce continent, son travail rappelle que l’Afrique ce n’est pas que celle délimitée dans sa forme géographique, c’est un vaste océan répandu à travers le monde ! De même que son histoire n’est pas singulière, mais commune à ces centaines de millions d’Afrodescendants à travers le monde.

 

Nous vous invitons à découvrir le travail de cet artiste passionné pour lequel nous avons deux coups de cœur artistique :

  • Voduns et Orixas
  • Sculptures et objets sur matériels de récupération en bois.

 

 

L’univers de l’artiste :

 http://www.williamwilson.fr/