Les Mondes de Chaumet

D’hier à aujourd’hui, Chaumet a tissé des liens avec les créations venues d’ailleurs. Des civilisations du monde, elle a choisi le meilleur pour inventer au cœur de Paris, au centre de la place Vendôme, des créations joaillières comme autant de vagabondages fertiles à travers des terres lointaines. En 2018, Chaumet prolonge cette exploration avec Les Mondes de Chaumet, une collection de Haute Joaillerie qui se décline en trois destinations et en trois temps. Après la Russie de Promenades Impériales en janvier, puis le Japon de Chant du Printemps en juin, Trésors d’Afrique est la troisième escale de ce parcours créatif dans des lointains réinventés.

Noire et Blanche, Man Ray, 1926

La rencontre qui a tout changé

Si le Maghreb et l’Égypte ont autrefois inspiré Chaumet, l’Afrique sub-saharienne était quasiment inexplorée par la Maison et par la Haute Joaillerie parisienne. Une rencontre a orienté les pas de la Maison vers cette partie du continent, une Afrique d’aujourd’hui et loin des fantasmes : celle de l’artiste kenyan Evans Mbugua. C’était il y’a trois ans, à Saint-Sauveur, l’artiste participait alors à sa première exposition. Les couleurs et la vitalité de son travail ont tout de suite été remarqués par quelques membres de l’équipe Chaumet qui est alors en pleine réflexion sur sa collection “Les Mondes de Chaumet”. C’est ainsi que l’artiste va accompagner ce projet, de son univers, ses inspirations, son déambulations artistiques parisiennes “nourrissez-vous de cela” dit-il. Quelques temps après, Chaumet lui proposera de participer plus directement à la création en dessinant l’un des thèmes de la collection. Evans Mbugua revisitera l’univers bestiaire, thème phare de la Maison Chaumet.

« J’ai eu la chance non seulement de partager mon amour de l’art mais aussi de recevoir des connaissances »

Evans Mbugua, Kama chanda na pete

70 pièces inspirées d’Afrique: la plus grande collection pour cette édition des Mondes de Chaumet

La Maison Chaumet a lancé le 2 juillet cette nouvelle collection de haute joaillerie baptisée Trésors d’Afrique avec le plus fin du gratin parisien. Une soirée très select sur les toits du Centre Pompidou où les personnalités n’ont cessé de défiler.  Parmi elles, la mannequin Naomi Campbell, qui portait des bijoux de la collection ‘Ronde de pierres”. Le joaillier parisien propose une lecture du continent africain à travers une série de parures inspirées de l’Afrique restée inexplorée jusqu’à présent. Bien qu’elle s’inspire de l’Afrique, la collection n’en est pas moins un acte de création pure. Les bijoux nous font voyager à travers une vision actuelle et réinventée qui a pu contraster avec un accrochage inédit d’oeuvres de Picasso ou de Basquiat. Cette image de l’Afrique d’aujourd’hui a été enrichie par les collaborations d’artistes tels qu’Evans Mbugua, qui a signé pas moins de 6 pièces pour l’évènement. Evans, qui aime sublimer ses personnages par le reflet et la brillance, ne pouvait pas rêver de meilleurs matériaux pour ses conceptions et a su faire l’éloge de la couleur et de la matière à la manière Chaumet. Il n’en a pas oublié pour autant sa singularité, qui avait attiré notre attention il y a plusieurs années déjà : l’humain et l’environnement urbain ont demeuré au centre de sa démarche artistique. C’est avec admiration que nous suivons le parcours de cet artiste né à Nairobi qui a choisi de partager son savoir-faire à Paris.

Rondes de Pierres, Chaumet, Trésors d'Afrique

Ci dessus: Rondes de Pierres – Ci-dessous: Talismania

Talismania, Chaumet, Trésors d'Afrique

5 pièces fortes

Les créations narratives de Chaumet abordent cinq aspects d’une Afrique plurielle:

  • Une première histoire nommée Rondes de pierres offrent des bijoux aux couleurs profondes et vives qui évoquent les ornements de perles des peuples Dinka du Soudan ou des Maasaï. Leurs figures rappellent étroitement les expressions artistiques des cubistes, surréalistes et autres fauvistes du XXème siècle.
  • Les Cascades royales racontent l’Afrique des souverains, dernier continent où a régné une impératrice. Les objets africains les plus purs y sont revisités avec finesse et légèreté autour du vert émeraude, du noir et du blanc. Les créations sont dignes des mariées Samburu du Kenya et des reines du Rwanda.
  • Avec Terres d’Or, c’est la nature originelle et généreuse qui est mise en avant. Les rubis et les saphirs jaunes représentent la terre ocre et le sable doré sous nos pieds, les tons chauds font écho au paysage et au climat tropical du continent.
  • La faune est présente dans Espiègleries, une collection de 6 broches entièrement dessinées par Evans Mbugua. L’artiste a revisité l’univers bestiaire de la maison en y associant contes et proverbes africains. On y retrouve donc ainsi: l’éléphant rose portant un bouquet de fleurs, le singe paresseux sur le dos d’un zèbre, les flamants roses, le lion paresseux s’étirant, la girafe la tête dans les nuages, les fourmis acrobates. Interview à suivre

Ci dessus: Espièglerie, Le Lion – Ci-dessous: Espièglerie, L’éléphant rose

 

  • Enfin, Talismania évoque les vanneries rwandaises Agaseke. Le travail et l’association de matériaux atypiques tels que le bois d’ébène, l’onyx, les pierres dures, font toute l’exception de ces bijoux.

Après Paris, l’exposition “Trésors d’Afrique” partira pour les Maisons Chaumet du monde entier, principalement en Asie.

 

Amélia, contributrice