C’est à l’occasion de l’African Art Fair, Salon d’art contemporain africain organisé par Beautiful’Art à Paris du 16 au 18 octobre 2015, que nous avons rencontré Toni Okujeni. Arrivé de Lagos au Nigeria spécialement pour l’occasion, ses œuvres proposent une palette de couleurs vives et variées, vues aériennes, toits et scènes de marché dont il a fait sa signature.

Contrairement à ses toiles bariolées, l’homme, lui, est plutôt discret, voire timide, s’exprimant d’une voix à peine audible, presque étonné de l’intérêt qui lui est porté.  Toni Okujeni est né en 1962, dans l’État de Edo au Nigéria. L’art, il est selon l’expression consacrée, tombé dedans quand il était petit. Dès les classes du primaire, ses professeurs repèrent un don, une facilité pour le dessin. Un talent qui se précise au fil des années.

Lors d’une visite rendue à sa sœur, basée aux Pays Bas, il visite le Musée Van Gogh. Une révélation. « J’ai été impressionné par son style, son coup de pinceau ». (Le fameux pointillisme qui plus tard, caractérisera ses toiles). De retour au Nigeria, Okujeni se documente, lit, dévore tout ce qui a trait au prodige néerlandais. Une certitude s’impose alors : « l’art était la bonne voie à prendre », raconte celui qui fut un temps tenté par l’architecture, mais « la passion pour la peinture  a été la plus forte ».

Après sa formation de quatre ans à Auchi Polytechnic (Grande école nigériane, spécialisée dans l’Ingénierie, les Sciences et l’Art), il intègre le Youth Corps, équivalent de notre service civique, avant d’être embauché comme illustrateur et dessinateur par  le magazine The African Guardian en 1986. Il y passe trois années confortables, avant de décider de se lancer en tant qu’artiste indépendant à plein temps. Vivre de son art ? « J’étais motivé par la passion, pas par l’argent », explique-t-il.

Débute alors une carrière prolifique. Accenture Nigeria, Fondation du Forum d’Assilah au Maroc, Galerie Yacine au Sénégal, ses travaux sont exposés dans de nombreuses collections publiques comme privées, à travers le monde.

Scènes aériennes de marchés bondés, entassements de toits vus du ciel, peinture au couteau, le tout dans une explosion de couleurs : telle est la marque de fabrique, la signature de Toni Okujeni, ses « Market Series ». Des scènes qui rappellent à ceux qui en sont familiers, la foule dense et compacte des jours de marché au Nigéria. « Je ne veux pas limiter l’imagination du spectateur » explique l’artiste dans un sourire,« chacun est libre d’y projeter ce qu’il y voit, ce que ces scènes lui inspireront, mon message est universel ». Parole d’artiste.

 

Bridget Ugwe, journaliste à Nigeria Insights

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