Deux continents, des cultures bien distinctes et différentes façons de s’habiller: l’Asie et l’Afrique. Pourtant, plusieurs points communs. Serge Mouangue a réussi à les unir à travers sa marque de Kimonos japonais au motif Africain: Wafrica.

Né à Yaoundé au Cameroun en 1973, il fait des études de design et d’architecture à Paris dans les années 90. Il fait ensuite carrière chez les grands noms de l’automobile comme Renault en tant que designer pour ensuite intégrer les studios de Nissan au Japon en 2006. Là bas, le créateur tombe sous le charme de la culture japonaise. Ayant lui même vécu au Sénégal, très rapidement il constate d’innombrables points commun entre l’Afrique et le Japon. Notamment le respect inconditionnel qu’ont les japonais envers les anciens, tout comme en Afrique mais il trouve aussi des points commun au niveau de la spiritualité.  « En Afrique noir, comme au japon, on est très animistes » affirme Serge Mouangue lors de son TED Talk à Paris en 2012.

C’est ainsi, qu’il unie le symbole de deux icones de mode: le kimono et le Wax pour en faire un kimono africain. « Vous reconnaissez le Japon, vous reconnaissez l’Afrique, mais le tout vous raconte quelque chose de nouveau ».

Cette interculturalité, l’harmonie que représente ces deux sociétés qui paraissent si éloignées mais qui sont pourtant si proche, c’est le moteur de Mouangue. Ce « quelque chose de nouveau » c’est ce que le créateur illustre à travers toutes ses œuvres. Egalement scénariste, il a mis en scène, de façon très originale, une cérémonie du thé. Une tradition typique du japon, version Mouangue: de la harpe sénégalaise en musique de fond,  une geisha servant le thé, vêtue de kimono africain dans un décore purement japonais, et un esprit en arrière plan portant un masque du Niger. Le spectacle fut un succès, l’homme a su, comme il le raconte dans son discours, déclencher l’émotion des spectateurs. Mais l’artiste ne s’arrête pas là dans sa quête de l’harmonie interculturelle. Il a aussi crée une série de sculpture nommée « Les frères de sang », des totems en bois fabriqués avec l’ expertise d’un artisan camerounais, et pourvu d’une duré de vie de 800 ans grâce aux techniques de vernissages japonaises.

Comme son nom l’indique, cette série de sculpture symbolise cette fraternité qui a unis tous les artisans en vue de créer l’objet. Une fraternité perçue uniquement lorsqu’on  « découvre le foyer et le noyau de l’universalité que nous portons tous » dit il.

 

Kelly Vololonirina