Montez l’escalier qui mène à l’actuelle exposition de la mezzanine ouest du Quai Branly, et vous pénétrerez dans un monde où le réel et l’imaginaire s’emmêlent pour faire surgir, dans le noir de la solitude, les plus étranges présences. Car sur tous les continents et à toutes les époques, l’humanité projette sa conscience sur les choses qui l’entourent, et transforme les objets inanimés en des êtres dotés de vie.

L’Afrique inaugure cette exposition, avec ses œuvres qui témoignent des croyances animistes. Dans les formes vagues de notre environnement, nous reconnaissons des silhouettes humaines. Au centre de la salle, une œuvre contemporaine, Homo Luminoso, Man silhouette, montre la permanence de cette attitude. Dans le scintillement de fils argentés, un homme semble s’avancer.

Man Homo Luminoso

Man Homo Luminoso, ©️ Photo Roseline de Thelin

 

Mais bientôt c’est le spiritisme européen qui est à l’honneur, avec ses séances occultes et ses détecteurs de fantômes. Comme œuvres marquantes, l’attirail d’un chasseur de fantômes belge, et la Radio Momo de Jean Jacques Lebel (1962). Momo, c’est Antonin Artaud. Un crâne humain est surmonté de deux antennes, il transmet ses pensées par les ondes de cette radio.

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© ADAGP, Paris 2016

 

Mais à vous, adeptes de culture africaine, nous parlerons plutôt du Galukoji car, au Congo aussi on fait tourner les tables d’une manière un peu différente. Le Galukoji, c’est un accordéon divinatoire utilisé au milieu du 20e siècle par les devins. Ils récitaient le nom de personnes soupçonnées de méfaits, l’accordéon sur les genoux. Si le Galukoji levait la tête en entendant un nom, le coupable était désigné.

Galukoji, accordéon divinatoire

Galukoji, accordéon divinatoire

 

Nous plongeons ensuite dans la vallée de l’étrange, introduits par l’effrayant cimier anthropomorphe Ejagham (Nigéria).

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Cimier anthropomorphe Ejagham, Nigéria, ©️ Photo Musée du Quai Branly

 

Le parcours nous conduit en effet vers des réalités de plus en plus dérangeantes, avec les premiers essais de robots, qui mêlent monstrueusement mécanique et humain. Dans la dernière salle, une « maison-témoin » est installée, peuplée d’objets aux frontières de l’humanité, des robots de cuisine aux love dolls japonaises.

Musée du quai Branly. Vue de l'exposition " Persona, étrangement humain". Du 26 janvier au 13 novembre 2016. Exposition en mezzanine Ouest. Commissariat : Emmanuel Grimaud, anthropologue, chargé de recherche au CNRS Conseiller scintifique : Anne-Christine Taylor-Descola, directeur de recherche émérite, CNRS Nombreux sont les objets qui ont un statut plus proche de celui d’une personne que d’un simple objet. Objets d’art – occidental ou non occidental, populaire ou contemporain –, ou produits high tech – robots, machines, etc. – se voient régulièrement attribuer des capacités d’action insoupçonnées qui en font des quasi-personnes. Analysant le processus de transformation de la matière inerte à l’objet incarné voir animé, l’exposition explore les raisons contextuelles, les émotions provoquées (malaise, répulsion, fascination…), les relations tissées (solidarité, empathie, attachement…). Réunissant des objets de toute nature, souvent surprenants, parfois perturbants, PERSONA, Étrangement humain l’exposition fait la lumière sur ces « étranges humains ».

Lucile Le Douaron

PERSONA, Étrangement humain.

Du 26 janvier au 13 novembre 2016.

Musée du Quai Branly. Mezzanine Ouest.