Oresegun Olumide est l’artiste du moment. Ses toiles d’un réalisme foudroyant forcent l’admiration d’amateurs comme de connaisseurs depuis mars dernier.

C’est en mars 2016 que le monde entier a découvert son travail via les réseaux sociaux. Un exemple de plus qui démontre les bouleversements et nouvelles tendances dans le milieu de l’art, où ce n’est plus seulement le marché (galeristes, agent d’artistes, marchands, collectionneurs, etc…) qui définit l’artiste contemporain à suivre, ni même les nouvelles tendances mais Internet également. Désormais, le marché devra composer avec les internautes et les artistes eux-mêmes qui dévoilent leurs travaux sur internet et plus particulièrement sur Instagram et Facebook. L’artiste est désormais acteur de son propre succès. La reconnaissance de son travail se fait de son vivant, via Internet et ils sont de plus en plus nombreux à l’avoir compris.

Oresegun Olumide en est un exemple parfait. L’artiste de 35 ans qui exposait depuis plusieurs années dans l’indifférence total de la galerie Ikorodu de Lagos, a décidé quelques jours avant son exposition de publier quelques photos de ses oeuvres sur Facebook. Le succès est immédiat ! Les internautes ainsi que la presse se déchaînent à coup de « repost » et d’articles à forte audience.

Comme une « Impression de »

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© Oresegun Olumide, 2016.

Une récente visite au Musée d’Orsay, musée impressionniste, nous a permis de nous replonger sur un courant artistique qui a fait de nombreux adeptes fin XIXème et début du XXème siècle, l’Impressionnisme. Un mouvement artistique dont les célèbres peintres tels que Van Gogh, Cézanne, Claude Monet, Manet, Renoir et tant d’autres en feront parti. Il s’articule autour de l’utilisation de couleurs pastels qui simulent le jeu de lumières et d’ombres autour des images donnant « l’impression » d’une scène courante plutôt qu’un portrait. L’accent est porté sur les paysages de campagnes, de villes et les scènes de vie de tous les jours.

Les peintures à huile d’Oresegun Olumide nous ont laissé béa d’admiration et au vue de l’émotion et des exclamations suscitées par ses oeuvres, nous avons eu « l’impression » nous aussi que c’était des photographies réalisées avec un appareil ultra-performant.

L’hyperréalisme made in Africa

Les oeuvres de Oresegun Olumide se confondent parfaitement avec des photographies. L’artiste s’inscrit clairement dans un style artistique largement reconnu et qui est actuellement en plein boom: l’hyperréalisme. L’hyperréalisme consiste en la reproduction à l’identique d’une image en peinture, tellement réaliste que le spectateur vient à se demander s’il s’agit d’une peinture ou une photographie. Cependant, Oresegun Olumide se démarque également de ce style puisqu’il puise son inspiration des scènes du quotidien qui l’entoure. Des enfants qui jouent dans la cour, aident aux tâches quotidienne, s’instruisent, se lavent.

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© Oresegun Olumide, 2016.

L’eau, comme effet miroir

L’omnipresence de l’eau dans les toiles d’Oresegun Olumide renforce inéluctablement cet effet d’hyperréalisme nous transportant jusqu’aux limites du trompe l’oeil. Ces personnages sont souvent mouillées et l’artiste reproduit avec exactitude les effets de l’eau sur la peau, les cheveux et les yeux mouillés. Cet effet translucide qu’il n’est pas donné à tout artiste de savoir reproduire, Oresegun Olumide lui en fait sa singature. Dans sa série de toiles révélées récemment, les enfants sont très présents et l’expression de leurs visages, leurs gestes du quotidien et l’eau portée sur leurs corps apportent beaucoup de candeur à son travail. Le spectateur se retrouve face à un miroir où il se remémore sa propre enfance.

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L’artiste connaît aujourd’hui une renommée internationale et nous espérons que ce ne soit que le début d’une longue carrière.

Jacqueline NGO MPII