-Noir et blanc –versus– Couleurs-.

-Ancienne génération –versus– nouvelle génération-.

-Mali –versus– Sénégal-.

-Inconnus –versus– célébrités-.

Et pourtant un point commun : l’œil du galeriste André Magnin qui possède dans sa collection ces deux artistes, photographes témoins de leur génération.

45 ans de différence séparent le jeune photographe Omar Victor Diop né à Dakar en 1980 du monument malien Malick Sidibé né à Soloba en 1935 ;  présentés à la galerie du jour Agnès B. à l’occasion de l’exposition qui leur est consacrée : Malick Sidibé, Omar Victor Diop Studio Portrait(s).

Malick Sidibé Avec ses deux femmes, 1979, Courtesy Galerie du jour Agnès b.

Malick Sidibé Avec ses deux femmes, 1979, Courtesy Galerie du jour Agnès b.

Ce qui frappe malgré le presque demi siècle qui s’est écoulé, c’est la tradition du studio qui perdure avec son cadrage, ses formats carré, ses fonds graphiques qui se fondent ou contrastent avec les motifs des pagnes des sujets photographiés et leurs postures élégantes qui n’ont pas d’âge, comme figées dans le temps.

On imagine très bien les clichés d’Omar Victor Diop se transformer soudain en noir et blanc et ceux de Malick Sidibé s’animer en couleurs.

L’illusion serait totale, à s’y méprendre dans une confusion temporelle délirante …

» Portraits posés de la scène culturelle africaine. Voici les nouveaux visages des cultures urbaines du continent. Il sont noirs, arabes, blancs, qu’importe. Ils sont créatifs et ambitieux, mais surtout ils travaillent à faire de leurs visions une réalité. Je dresse le portrait d’une génération qui oeuvre à positionner l’urbain africain en tant que creuset de la création contemporaine, lieu d’échanges et de production. Il s’agit ici d’aller au delà de l’exercice purement représentatif qui veut que chaque portrait soit l’immortalisation d’un sourire niaisement endimanché. Ici paraître c’est déjà une façon d’être.  » peut-on lire sur un cartel de l’exposition signé Omar Victor Diop.

Omar Victor Diop Thierno, 2012 Le studio des vanités © Omar Victor Diop Courtesy Galerie MAGNIN-A, Paris.

Omar Victor Diop Thierno, 2012 Le studio des vanités © Omar Victor Diop Courtesy Galerie MAGNIN-A, Paris.

 

Amorcée dès 1950 dans les clichés de Malick Sidibé – l’esthétique nègre chère à Léopold Sédar Senghor penseur de la négritude –  dans sa lutte a su s’imposer progressivement et continue grâce aux clichés de la nouvelle génération comme le petit génie Omar Victor Diop et sa série « Les studios de la vanité » a faire lentement son chemin dans les consciences occidentales.

« Black is beautiful ! » CQFD ….

 

Par Claire Nini, contributrice

 

Malick Sidibé, Omar Victor Diop Studio Portrait(s). 

Galerie du jour agnès b. jusqu’au 19 mars 2016
44 rue quincampoix 75004 PARIS
Du mardi au samedi de 11h à 19h – entrée libre.