Le dernier Africa Art Market report, édité par le galeriste et marché d’art Jean-Philippe Aka nous dresse une liste d’artistes et d’oeuvres contemporains venus du continent. Nous avons voulu en décrypter certains passage pour vous.

Voici les 5 oeuvres d’art contemporain africain les plus chères du monde repris par Africa Art Market report.

1) Night Nurse, by Marlene Dumas

L’artiste dépeint son sujet debout en plein front, les bras enfilés dans des gants noirs par-dessus le coude, les mains sont posées avec le poing  sur ses hanches, elle repose son poids sur une jambe.

Elle est vêtue, mais seulement à peine, ses sous-vêtements sont inclinés d’un côté, les galons de dentelle de ses hauts talons rampent sur ses jambes comme des kudzu. Le seul élément de la peinture qui le relie à n’importe quel type d’environnement médical ou de soins est l’embrasement du fond rouge, qui évoque ici moins un symbole d’urgence et plus le feu de la luxure. À la fois éclaircissant et obscurcissant les lectures de ses tableaux, Dumas accorde une véritable considération aux titres. « Les titres donnent une direction à la façon dont une image est regardée. »

Credit : Night Nurse, 1999-2000 Oil on canvas 200 x 100 cm ( Phillips ) 

Prix d’achat :  2 517 000 $

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2) Excerpt (citadel) by Julie Mehretu

Née le 28 novembre 1970 à Addis-Abeba, d’un père éthiopien et d’une mère américaine, elle y vit jusqu’en 1977, lorsque sa famille quitte l’Afrique pour s’installer aux États-Unis. Ses parents, raconte-t-elle, « ont reconstitué l’atmosphère d’une maisonnée éthiopienne dans le Michigan ». Elle passe son adolescence dans cet État du Michigan et obtient un MFA (Master of fine Arts) à la Rhode Island School of Design en 1973. Elle est en résidence au Musée des Beaux-Arts de Houston en 1998-99 puis s’installe à New York où elle vit et travaille, avec sa partenaire la plasticienne Jessica Rankin. Le couple a deux fils.

Ses tableaux, souvent de taille impressionnante, consistent en de grands tourbillons de couleurs, de traits et de formes. Chacune des œuvres est à la limite entre la figuration et l’art abstrait, et peut rappeler par certains aspects le futurisme du début du xxe siècle. Le trait est rapide, énergique. Les toiles superposent des éléments architecturaux partiellement reconnaissables (façade, porte…), des cartes géographiques, ou d’autres éléments figuratifs à des éléments purement graphiques, en couches très minces, avec des effets de transparence et des couleurs furtives.

credit : Excerpt (citadel), 2003 Acrylic and ink on canvas 81,5 x137,4 cm ( Christie’s )

Prix d’achat : 1 567 500 $

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3)  L’île Heureuse by Mahmoud said

Mahmoud Saïd est né à Alexandrie le 8 avril 1897, fils de Mohamed Pacha Saïd, premier ministre à une période critique de l’histoire égyptienne (1910-1914), témoin de la montée du nationalisme qui finit par installer l’indépendance du pays. Saïd a été élevé dans un milieu aristocratique privilégié et a été éduqué par des tuteurs privés étrangers. Il était aussi l’oncle de la future reine d’Egypte, Safinaz Zulficar, plus connue sous le nom de Reine Farida.

Crédit: L’île Heureuse, 1927 Oil on wood 80 x 70 cm (Bonhams)

Prix d’achat : 1 475 720 $

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4)Sarajevo by Omar EL Nagdi

Omar El-Nagdi étudie les beaux-arts au Caire sous la direction d’Ahmed Sabry avant de fréquenter l’Académie des Beaux-Arts de Venise en 1959. Voyageant entre Venise et Rome en 1959-1960, il se retrouve au cœur des cercles artistiques et intellectuels d’avant-garde. Le peintre italien Giorgio de Chirico devient l’un de ses mentors les plus influents. Avant d’avoir 30 ans, El-Nagdi était surnommé dans la presse « le Picasso égyptien ».Bien qu’El-Nagdi soit généralement connu pour ses descriptions folkloriques colorées de la vie quotidienne, Sarajevo démontre sa capacité à capturer l’essence de la douleur. Peint en 1992, le triptyque de Sarajevo est indéniablement sa pièce la plus importante et la plus ambitieuse. Comme son titre l’indique, l’ouvrage a pour sujet les tragédies qui ont frappé la ville pendant le conflit serbo-croate-bosniaque de 1990-94, en particulier le nettoyage ethnique de la population musulmane bosniaque et croate par les Serbes de Bosnie.

Credit: Sarajevo, 1992 Oil on canvas in three parts overall 315 x 1 080 cm (Christies)

Prix d’achat : 1 145 000 $

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5) Arabwith Jug by Irma Stern

En 1945, Irma Stern a visité Zanzibar pour la deuxième fois. Elle a passé un peu plus de trois mois à Stone Town, qui comprenait le mois sacré du Ramadan en août. Stern revint avec une série de peintures.Selon Dubow, Zanzibar a provoqué « la réalisation la plus complète de ses pouvoirs »:

Stern était particulièrement attirée par les hommes arabes barbus, vêtus de coton souple et fluide et de turbans colorés et vaguement enroulés. À l’Aïd al-Fitr, les célébrations de la fin du Ramadan, elle fut frappée par les «silhouettes barbus blanches d’un autre âge. Sa fascination pour la culture arabe est allée plus loin que l’affichage visuel de la couleur et de la texture. Elle a également été fascinée par une attitude mentale et l’a décrit de façon évocatrice dans un article pour le Conseil national des femmes en 1954.

credit: Arabwith Jug, 1945 Oil on canvas 55,5 x 65 cm (Bonhams)

Pris d’achat : 1 118 082 $

Source : Africa Art Market Report