La première fois que nous avons été  amenées à Château Rouge, notre mère nous a dit « Château-Rouge,  c’est le carrefour des rencontres africaines en France, ton ancien camarade de classe, ton voisin, même le taximen du quartier de la Cité Verte, tu peux le rencontrer ici par hasard ». Bien sûr, l’image du Paris africain ne doit pas et ne peut se résumer uniquement à un simple marché où l’alignement de plusieurs salons de coiffures. Naturellement, nous nous sommes posé des questions auxquels nous voulions des réponses. Alors quelques lectures, quelques recherches, quelques rencontres nous ont permis d’avoir notre propre vision dont nous partageons avec vous une partie ici.

Situé au sud du 18e arrondissement, le quartier de la Goutte d’Or forme un rectangle entre le boulevard de la Chapelle, le boulevard Barbès, la rue Ordener et les voies de chemin de fer de la Gare du Nord. Le quartier est marqué par une grande diversités de nationalités.
Des stations et des rues phares de ce quartier sont très populaires : Rue Poissonniers, Rue Poulet, station de métro Château Rouge, boulevard barbes, rue Dejean
Jusqu’au XVIIIème siècle il y avait à la Goutte d’or des vignes. Ce quartier tirerait son nom « La Goutte d’or » de la couleur du vin blanc que produisaient ses vignes et appartenait à la commune de La Chapelle qui ne faisait pas alors partie de Paris. Fin XVIIIème, la commune sera annexée à Paris. Entre 1830 et 1845, en pleine Révolution industrielle, ce quartier subira une transformation brutale avec la construction du Chemin de fer de la Gare du Nord. Grand projet, grand moyen, beaucoup de mains d’œuvres…D’abord française, puis étrangère par la suite. Depuis, le quartier s’est forgé au gré des vagues successives d’immigration, formant ainsi un quartier populaire immortalisé par Emile Zola dans l’Assommoir. Dans les rues, vous êtes plongé dans cette atmosphère dont les rues parlent d’elles mêmes : rue Oran, rue Tombouctou, rue Suez, rue Panama. Chacune de ces rues raconte une histoire, dont certaines sont encore gravées dans les édifices et espaces de communion. Exemple, sur le Boulevard Barbès se trouvait  L’ Ancien Magasin Dufayel (Situé de l’emplacement de la BNP jusqu’au Virgin Megastore). Dufayel était le pionnier de la vente à crédit, chaque client disposait d’un petit fascicule où l’argent qu’il devait au magasin était inscrit et un receveur en uniforme se rendait à domicile pour récupérer l’argent. Non loin de là, rue Myrha (8), se trouvait la fabrique Lallande et Collin, célèbre pour ses boutons.

Le marché Dejean et marché de Château Rouge

Situé en plein de Château-Rouge, ce marché permanent  est situé à l’emplacement d’un ancien château, le Château rouge, qui devint au 19ème siècle un bal champêtre. C’est un marché toujours bondé de monde, on se bouscule pour obtenir la meilleure affaire à des prix défiants toute concurrence. Véritable carrefour de la vie afro-antillaise. c’est ici qu’on vient paré de son boubou, foulards aux milles couleurs, pour dénicher des denrées rares et exotiques dans la capitale: Gombo, marachon, thiof, Bajanga (crevettes d’eau douce), ignames, manioc). Mais aussi des épices rares (jansan, poudre de gimgembre, pèpè, mbongo…). C’est également un important carrefour de la mode africaine. Des boutiques de tissus Wax, Bazin, Bogolan, Pagne Tissé, Kenté, pilulent dans le quartier et des couturiers expérimentés usent de leurs savoirs-faire acquis ici ou innés pour concocter des tenus traditionnelles africaines ou modernes.

De tout Paris, de toute la France et de toute l’Europe, on vient ici pour se procurer ces produits. Même l’ancienne 1ère dame Valerie Trierweller y fait son marché  « Merci pour l’accueil très très chaleureux à Barbes. Ni panique , ni commissariat, mais Manioc et bananes plantains. Et beaucoup de selfies. »

Vous aussi n’hésitez-plus, visitez le Little Africa de Paris !

 

S’y rendre:

Métro ligne 4/2: Barbes-Rochechouart
Métro ligne 4: Château Rouge, Marcadet Poissonniers

Jacqueline NGO MPII