Le documentaire Joséphine Baker, première icône noire d’Ilana Navaro, sorti en novembre 2018, raconte l’histoire de l’éveil politique de la première icône noire, Joséphine Baker. Originaire du Missouri, aux États-Unis, elle a toujours voulu danser. Elle débute sa carrière dans une troupe d’artiste de rue. Ambitieuse, elle rêve de se produire à Broadway, si bien qu’à 16 ans elle quitte sa ville natale de Saint Louis dans le Missouri pour tenter sa chance à New-York où elle participe alors à plusieurs comédies musicales.

Un jour, elle rencontre la femme d’un diplomate américain en poste à Paris qui lui propose 250 dollars par semaine pour faire partie du spectacle de danse que ce dernier souhaite monter et qui sera intitulé La Revue Nègre. Joséphine s’envole alors pour Paris en 1925. Le spectacle débute le 2 octobre au Théâtre des Champs-Élysées et suscite très vite scandale et engouement général: Vêtue d’un simple pagne de bananes – elle danse sur un tableau baptisé la Danse sauvage, un charleston, une musique encore inconnue en Europe. Il fallait oser ! En une nuit la petite danseuse américaine devient le sex-symbol des Années Folles, fascinant les cubistes tels que Picasso, Cocteau, Le Corbusier, Georges Simenon … jusqu’à devenir leur égérie.

« J’ai deux Amours, mon pays et Paris … » Cette chanson devenue intemporelle a sans conteste révolutionné le Music-Hall français et fait évoluer certains préjugés tenaces sur les personnes de couleurs, dans la France des années 30. Dans le parfum de liberté des années 1930, elle s’impose comme la première star noire à l’échelle mondiale avec une chanson écrite sur-mesure pour elle par Géo Koger et Henri Varna sur une musique de Vincent Scotto. Après une tournée en Europe, elle est engagée aux Folies Bergères pour mener la revue « Paris qui remue ». Nous sommes en pleine Exposition qui célèbre l’Empire Colonial Français qui se déroule en mai en 1931, et Joséphine sera « La Perle Noire » qui illustrera la gloire de la France sur ses colonies.

Le Paris des années 1920 a fait de Joséphine Baker la première star noire internationale. Si, à elle seule, elle personnifie la joie de vivre, l’insolence et la créativité des Années Folles, au même moment, à l’ombre de l’icône, toute une génération d’artistes noirs américains traverse l’Atlantique et s’installe en France. Du musicien Sidney Bechet au peintre Henry Ossawa Tanner, de l’aviateur héros de la Grande Guerre devenu gérant de night-club à Montmartre Eugène Bullard à l’écrivain Claude McKay, ils vont trouver en France une liberté d’expression inaccessible dans leur pays natal.

Après la première guerre et son engagement dans le camp de la résistance française, Joséphine décide de se vouer à la lutte contre la ségrégation raciale et l’émancipation des Noirs. Pour montrer l’exemple, elle et son quatrième mari Jo Bouillon, acquièrent le Château des Milandes après leur mariage en 1947. Ils adopteront 12 enfants d’origine différente : ce sera la tribu arc-en-ciel.

Elle chantera l’amour et la liberté jusqu’à son dernier souffle le 12/04/1975 à Paris, victime d’une attaque cérébrale.

Pour voir ce documentaire: https://www.arte.tv/fr/videos/075185-000-A/josephine-baker-premiere-icone-noire/

Paola Miklas – contributrice