Camerounaise d’origine vivant à Paris, je fais partie d’une génération où l’Afrique dite « terre de nos ancêtres » a été fantasmée, rêvée et façonnée dans nos imaginaires au gré des histoires et images de ceux qui y ont vécu, l’ont quitté et rêvent d’y retourner finir leurs jours, un jour… Mais en attendant d’y retourner, peut-on me raconter son histoire ? L’histoire de l’Afrique c’est d’abord ici en Europe que je la découvre, par des rencontres, des événements, des lectures, des musées, des quartiers.

Oui, cette Afrique dont pourtant je porte l’empreinte dans mon patronyme, ma peau, ma vision esthétique des choses qui m’animent, ma gastronomie, mes aspirations professionnelles, j’ignorais totalement qui elle était vraiment. Je l’ignore toujours d’ailleurs… L’Afrique est la grande Inconnue de ma Vie, une fée qui appartient à un autre monde. Une mami-wata* dont la grande partie de son histoire, sa population, ses mœurs, ses richesses restent encore méconnues d’une grande majorité.

Son histoire transcende les frontières. L’histoire a fait d’elle la Mère patrie, la mère aux milles visages, aux milliards d’enfants répartis dans le monde. Ne vous étonnez donc pas lorsque vous vous baladerez dans certaines villes dans le monde et notamment à Paris, et d’entrevoir des facettes, des visages, des odeurs qui vous rappellent ce continent.

Little Africa est donc avant tout le regard d’une passionnée de tourisme, de la culture et des arts africains depuis Paris.

mami-wata* : divinité aquatique des cultures africaines

Jacqueline NGO MPII