Chaque pays possède une conscience collective. C’est cette conscience qui va réunir un peuple, une communauté autour d’une cause. Il est bien vrai que parfois, cette conscience collective possède des non-dits et agira en faveur ou à l’encontre du peuple sans que ces derniers ne se soient concertés. Ainsi, des faits historiques peuvent être soumis à un silence rigide.

Aujourd’hui, parlons  d’un pan de l’histoire du Cameroun. Connu ou non, passé sous silence par la conscience collective et aidé de son gouvernement. Il s’agit de l’histoire du père caché de l’indépendance Um Nyobè. Toutefois certains intellectuels camerounais déploient leurs efforts afin de relayer cette partie sombre du Cameroun au grand jour.

« Tu sais, mon fils, ici-là, on ne veut toujours pas trop parler de Um Nyobè. Si tu poses des questions sur Um Nyobè et sur ce qui s’est vraiment passé avec lui, tous ceux qui ont vécu cela te diront seulement qu’il y a eu des événements. Les événements. Jamais personne ne te dira exactement de quels événements il s’agit. Wuyè ! On te dira seulement qu’il y a eu trop de morts. Que les souvenirs sont lourds comme le rocher de Ngock-Lituba. Qu’on ne veut pas soulever ça comme ça pour sortir toute la poussière qu’il y a en dedans. »

Un jour de prise de conscience sur cette sombre histoire camerounaise relayée au second plan. Max Lobé, écrivain camerounais, auteur du livre Confidences rentre au Cameroun. Il ne rentre pas pour des vacances, au contraire, il rentre pour découvrir la vérité. Ne dit-on pas que lorsque tu veux connaître ton histoire, questionne tes aînés, c’est dont ainsi que l’auteur recueillera les témoignages de Mâ Maliga, témoin oculaire des travaux de Um Nyobè, le père fondateur de l’Indépendance au Cameroun.

« Mais à la fin, on revient au point de départ.
Il était temps de retourner vers cette terre mal connue.
Surtout vers cette histoire récente, si peu abordée, voire gommée.
 Sciemment. »

Dans un univers non conventionnel : au village, dans la maison de Mâ Maliga ou sur sa terrasse autour d’un bon verre de Matango (le vin de palme). En langue Bassa’a, Mâ Maliga raconte l’histoire de Mpodol (celui qui porte la parole) surnom attribué à Um Nyobè.
Son témoignage simple et humain, vous fera sourire, rire, vous attristera éventuellement. Cependant, il vous apportera une réflexion de la population camerounaise à cette époque ainsi lorsque vous refermerez le livre vous en connaîtrez davantage sur l’une des nations les plus résistances du continent africain comme le dit si bien Alain Mabanckou dans sa lettre à Max Lobe.

A travers le livre Confidences, l’auteur Max Lobe cherche à vous faire vivre à la manière simple, naturelle et traditionnelle l’histoire oubliée du Cameroun. Très rapidement, vous verrez en Mâ Maliga une sœur, une maman, une tante qui vous raconte une histoire : l’histoire du Cameroun.

Claire Kouang Grognet – Contributrice