À l’occasion de sa XIVe édition, le Parcours des mondes a souhaité confier la présidence d’honneur à Monsieur Robert Vallois. Amateur passionné d’objets d’arts premiers, spécialité qui occupe aujourd’hui une place primordiale à Saint-Germain-des-Prés, Robert Vallois se distingue en faisant le choix d’exposer l’art africain contemporain et plus particulièrement la jeune scène artistique béninoise, que la galerie promeut ardemment depuis 2011.

Lors de cet événement, son espace sis 41, rue de Seine présentera une exposition initiant la rencontre entre deux artistes contemporains aux spécialités et parcours très différents mais réunis par une même fascination pour l’Ailleurs : KING et Coco Fronsac. Celle-ci se poursuivra au-delà de l’événement germanopratin jusqu’au 8 octobre.

King, jeune artiste (né en 1987), céramiste franco-béninois, s’inspire à la fois du Japon, où il s’est formé, et de ses racines animistes béninoises. Découle de ces sources une oeuvre énergique et raffinée, empreinte d’une grande force spirituelle. Coco Fronsac parsème avec jubilation des photos anciennes de masques et objets traditionnels extra-européens, mêlés à des créatures imaginaires : mariage surréaliste de fantômes familiers et d’exotique étrangeté.

King lie ces deux influences clés à des techniques modernes et expérimentales, il cherche à insuffler une âme à ses pièces. Formé à la céramique par Kayoko Hayasaki, il a étudié longuement les traditions de la céramique non-émaillée de Bizen au Japon, pays avec lequel il ressent une connexion particulière. À cette époque il a pris conscience des parallèles entre la vision spirituelle de la céramique japonaise guidée par la conjugaison des quatre éléments, et la culture animiste de son héritage africain. Aujourd’hui, il exploite la richesse de son chemin atypique pour infuser ses créations avec des aspects des deux cultures.

En utilisant des techniques non conventionnelles qui lui sont propres comme le fait de gratter la matière,  la déchirer ou encore appliquer des matériaux altérés à ses oeuvres, King cherche à créer des pièces dotées d’une vitalité unique : allier l’âme et la matière préside à sa création. Il évoque son travail : « Il me fascine de voir comment la terre, l’eau, l’air et le feu peuvent fusionner pour traduire des émotions dans une pièce faite à la main. C’est de la magie. Je vois le processus de cuisson comme une épreuve du feu, orchestrée par le chant et la danse des divinités. Ces « juges divins », ni amis ni ennemis, sont les derniers interprètes d’une transformation par le feu, ils laissent leurs marques sur la création du céramiste. L’émaillage est une façon de peindre l’impermanence de la vie. Par conséquent, vous verrez souvent mes émaux couler, tomber, se fêlant, ramper et se mouvoir comme s’ils dansaient sur l’imprévisible mélodie de la vie ».

Valentine Plisnier, historienne de l’Art, raconte « La Belle et les Bêtes » de Coco Fronsac. « Coco Fronsac revient avec une série inédite dont l’inspiration continue de nous étonner et de nous émerveiller. En petite-fille des surréalistes, elle s’inscrit ici dans le sillage de La Vie amoureuse des Spumifères (1948) de Georges Hugnet, qui avait peint et dessiné sur des cartes postales de nus féminins des animaux fantastiques qui leur étaient accouplés. Coco Fronsac a choisi comme supports des photographies de cocottes, de femmes aux moeurs polissonnes et de modèles d’atelier en provenance de la galerie Les Larmes d’Éros d’Alexandre Dupouy. Elle y a peint des masques ancestraux extra-européens renvoyant à des représentations « animales » (au sens premier et métaphorique du terme) et leur a adjoint jungle et fleurs démesurées, insectes rampants ou volants, et autres petites bestioles issues de son imaginaire onirique. Si « Le Purlaine orgueilleux » de Georges Hugnet, « Le Torchas casqué », « La Dragoulette » ou « Le Promidan cornu », amants obsédés, avaient croisé le chemin des « Belles » de Coco Fronsac, leur rencontre aurait été certainement aussi saisissante et burlesque que l’est cette nouvelle exposition ».

Galerie Vallois

Du 8 septembre au 3 octobre 2015

41, rue de Seine – 75006 Paris

Du mardi au samedi, 10h . 13h et de 14h . 19h

T. + 33 (0) 1 43 29 50 80 // vallois41@vallois.com

www.vallois.com