La « France Noire », le « Paris Noir », deux expressions extraites des grandes anthologies de Pascal Blanchard (à découvrir absolument !) nous démontrent et nous expliquent l’histoire de la présence noire en France. Cette histoire est longue, complexe, contradictoire, brutale et foisonnante pour reprendre les propos de Marcel Dorigny dans son introduction dans La France Noire. La France a, et en son cœur parisien, ceci de particulier, d’être le carrefour de la présence diasporique des quatre coins du monde (Caraïbes, Amérique, Guyane, Afrique, haïtienne). Cette présence a façonné l’image de la France et contribue à influencer sa culture à travers un métissage qui émane de l’admiration, fascination et de la curiosité. Cette présence africaine a débuté au XVIIème siècle avec le Code noir et se poursuit sur trois siècles. Etablis dans des grandes villes portuaires françaises pratiquant l’esclavage (Nantes, Bordeaux, Marseille, Le Havre, Rouen, Dunkerque, La Rochelle, Saint-Malo), ils arrivaient d’Afrique, des colonies et enfin d’Amérique pendant la guerre. Sur le sol français, ils étaient libres mais cantonnés à des métiers de domestiques. D’abord esclaves, puis libres, dockers et tirailleurs pendant la guerre, artistes, écrivains, étudiants, etc…Paris sera le poumon névralgique de cette population, où il y foisonne un rayonnement d’idéaux des abolitionnistes avec la création par exemple de la « Société des Amis des Noirs » en 1788 par Brissot, Clavière et Mirabeau, et rejoint plus tard par l’Abbé Grégoire. Ici, nous vous présentons quelques quartiers atypiques de Paris, empreint de cette présence africaine, de cette « l’Afrique à Paris ».