Technique issue du massage traditionnel africain que la mère prodigue à son enfant une semaine après sa naissance, Le Digui® est un art ancestral qui a trouvé en Renée Amy Béké son maître. C’est un art qu’elle pratique avec virtuosité et perfectionne depuis plus de dix ans sur rendez-vous, au domicile de ses client(e)s parmi lesquel(l)es de nombreuses personnalités – dont certaines ont eu la bienveillance d’écrire quelques lignes sur les bienfaits du massage Le Digui© (« Rêver Kessel » de A. Asséo, Editions du Rocher). La quintessence du luxe et d’un bien-être qui a ses codes, nous lui avons demandé de les décrypter. Portrait.

Little Africa Paris

Pouvez-vous nous présenter le Digui® ?  En quoi consiste ce massage et qu’est-ce qui le différencie de ceux que l’on peut trouver à Paris et dans sa région ?

Le Digui® est un voyage intérieur, une plongée dans ses racines, pour se reconnecter avec le monde. Il se fait par des mouvements de longs étirements, des appuis lâchés, sur un rythme tonique et vivifiant. Il dénoue les tensions et procure relaxation et tonicité. Il permet de soulager les douleurs musculaires et favorise la lutte contre le stress.
Cette technique unique de massage se fait avec une base de produits issus de l’agriculture biologique qui s’inscrit dans une logique de développement durable, sans parfum ni ingrédients d’origine animale tels que : le beurre de karité, l’huile de coco, des huiles essentielles et d’autres huiles à base de plantes dont je garderai ici les noms secrets (rires).

Le Digui®, tout comme le Saloli, est un rituel de massage originaire du Mali et du nord de la Côte d’Ivoire, c’est un pur rituel Wellness sur-mesure. Il se différencie tout d’abord par son mode de transmission qui est transgénérationnel. Celui-ci induit une spécificité voire une unicité liée à la personne qui a reçu et pratique cet enseignement. La dimension intuitive et le lien transgénérationnel influent sur le contact entre le praticien et le receveur. C’est une vraie signature.
Les massages traditionnels du Cameroun, Sénégal, Maroc, de la Mauritanie ont des différences selon les transmissions ou les rituels : notre terre mère Afrique est grande et regorge de savoirs.
Tout comme pour la gastronomie où chaque région de France a ses traditions et caractéristiques propres, il en est de même sur le continent africain concernant les rituels de massage.

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Quels sont les bienfaits d’un tel massage en cette période estivale ?

Ils sont multiples :

  • Il permet un réel lâcher prise mental et physique pour ne profiter que des bons moments des vacances 
  • Il prépare la peau grâce au beurre de Karité qui contient de la vitamine E 
  • Il prépare la peau qui profite ainsi des bénéfices de l’air de la mer, de la montagne et du soleil (veiller à toujours mettre une protection solaire avant l’exposition au soleil) 
  • Il redonne de la souplesse aux articulations 
  • Il procure une réelle décontraction des muscles du dos 
  • Enfin, c’est une bonne façon de dire « merci » à son corps d’avoir supporté tout ce qu’il supporte le reste de l’année !

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Comment expliquez-vous, en dehors peut-être de ceux liés au Hammam, la méconnaissance des rituels de beauté d’Afrique subsaharienne ?

Ils ne sont en tout cas pas méconnus des grands groupes cosmétiques. La preuve en est l’huile d’Argan qui a le vent en poupe depuis au moins 10 ans en France ; et maintenant sa sœur, le beurre de Karité, est en pleine explosion. Tant et si bien que des coopératives de femmes subsahariennes sont rachetées !

Il y a aussi une idée fausse sur les rituels de beauté africains qui ne seraient pas assez « luxe » ou « chic » ou « sérieux ». Cela en dépit même de ce qui peut être observé et de l’existence de nombreux ouvrages historiques qui témoignent de l’importance de la place de ces rituels dans les sociétés africaines (ex : usage par des femmes à la beauté incroyable dans « Reines d’Afrique et Héroïnes de la Diaspora Noire » de Sylvia Serbin).

Plusieurs pistes permettraient de changer le statuquo. Par exemple, aujourd’hui il manque :

  • Une Fédération (Inter)nationale des soins holistiques d’Afrique
  • Un grand centre de formation des rituels de soin africains avec des professeurs en médecine holistique tant sur la technique que sur l’efficacité de bien-être, santé et beauté.
  • Des commerces reconnus labellisés, de type Naturalia, Biocoop, etc. spécialisés en produits bio africains
  • Des livres sur le bien-être d’Afrique subsaharienne : origines, histoire, protocoles de soin techniques, etc. C’est un sujet qui me passionne et je serais ouverte à toute collaboration sur cette thématique avec un éditeur et tout expert (praticien, historien, physiothérapeuthe…)
  • Des laboratoires de recherche implantés en Afrique sur les plantes et cosmétiques issus du continent Africain
  • Des concepts spa-passerelles entre l’Afrique et les pays occidentaux

Nos anciens transmettent volontiers leur savoir à certains pilleurs mais pas forcément à leurs enfants ; c’est à nous d’aller chercher ces savoirs. Il nous faut valoriser notre mode de transmission oral, empirique. Tout enseignement ne passe pas que par les diplômes.

Nos générations d’enfants originaires d’Afrique ne s’y intéressent que lorsque les occidentaux récupèrent nos produits pour nous les revendre. L’Afrique est en vogue en 2017 : il faut foncer.

Pour que ces manques soient comblés et cet héritage mis en valeur, il est nécessaire pour chaque africain(e) d’avoir conscience de la valeur de ses racines africaines, ceci d’où qu’il vienne (Tobie Nathan « L’Influence qui Guérit »).

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On parle souvent du bien-être dans la culture asiatique par exemple, comme s’il était une évidence. Quels sont (ou seraient) pour vous les éléments essentiels qui définissent (ou définiraient) un bien-être « à l’Africaine » ?

  • Tous les soins prodigués à la femme africaine avant, pendant et après la grossesse
  • Les conseils et l’apprentissage générationnel à chaque étape de la vie, de la petite fille jusqu’à la femme
  • Les spécificités sont dans les produits, leurs protocoles d’application, l’action sur la beauté, la santé, le bien-être
  • Le beurre de karité et l’argentier – qui, à ma connaissance, ne pousse que sur le continent africain
  • Le rituel du hammam en Afrique du nord
  • Le symbole du baobab qui représente la sagesse africaine

L’Asie a su conquérir l’économie mondiale ; à nous d’utiliser les mêmes savoir-faire pour conquérir le monde avec notre culture, notre gastronomie, notre art.

Quelle est votre histoire ? Qui est, en quelques mots et moments-clés, Renée Amy Béké ? Et qu’est-ce qui vous a donné envie de faire connaître le Digui® ?

« C’est l’incroyable histoire d’une fillette de 9 ans quittant Bamako (Mali, Empire du Soudan) pour retrouver sa mère à Paris en 1978, avec, pour seul bagage dans ses mains, le don d’une pratique de massage transmise par sa grand-mère, qui, elle-même, le tenait d’une grande lignée d’ancêtres féminines. »  Je suis originaire de la tribu des Mandingues, Sarakolé, Daggatoun, Bambara – ce qui signifie : ceux qui ont refusé d’être dominés.

A 13 ans, je m’inscris dans une école d’esthétique I.B.A. à Cocody en Côte d’Ivoire, puis deviens à 17 ans, responsable d’un institut à Niamey.

Je décide alors de revenir en France où je travaille sans relâche (mannequinat, événementiel, agent d’escale aéroportuaire…). Je cumule pratique d’esthéticienne et de démonstratrice tout en suivant plusieurs formations chez Carita, Clarins, La Prairie, Yonka, pour n’en citer que quelques-unes. Cela, tout en poursuivant ma pratique du massage.

Ce qui m’a a donné envie de faire connaître Le Digui®? Une prise de conscience, quand en 1998, je réalise après plusieurs recherches qu’il est fait mention de pléthore de massages traditionnels: chinois ancestral, Thaï traditionnel, Shiatsu, Tuina, de rééquilibration énergétique, prénatal, etc. mais que nulle part n’apparaissent les rituels de bien-être africains.

J’ai décidé de remédier à cet écueil, et, comme les griottes du Royaume du Mali, de faire connaître l’immense richesse de ces rituels, soins holistiques transmis depuis la création, dans le berceau de l’humanité, en Afrique.

Et c’est ainsi qu’en 2009 je fonde et crée Le Digui® – rituel luxe Wellness holistique – et le Saloli, qui signifie « toucher, masser ».

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Qui sont vos clients ? Quel est le profil-type du/ de la client(e) du massage Digui® ?

Il n’y a pas de profil-type, ce sont des personnes de tous âges, mais qui ont en commun il est vrai plusieurs traits : d’aimer le wellness holistique, luxe et bio ; des personnes qui ont fait un petit parcours sur la conscience de soi et la relation à l’autre ; une clientèle qui souhaite prendre soin d’elle, dire « merci » à son corps une fois par semaine, par mois, ou quand le corps lui crie « pense à moi ! » ; également des entreprises qui placent les principes d’équité, respect et le bien-être de leurs employés au cœur de leurs valeurs et ont d’ailleurs reçu le label « Great Place to Work » pour en attester (ex : EMC, Adidas, Le Bon Coin…)

Vos astuces bien-être pour être au top cet été.

  • Un bon gommage au miel et bicarbonate bio
  • Sur sa liste des plaisirs pour soi, les massages Wellness Le Digui® et le Saloli
  • Boire beaucoup de jus de bissap en détox
  • Des grillades avec des patates douces car je suis une épicurienne (rires)

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Un dernier mot pour les lecteurs/lectrices de Little Africa ?

Si chacun(e) des lecteurs(rices) de Little Africa d’Afrique subsaharienne, parle et va tester au moins une fois les lieux cités dans Little Africa, alors nous serons en marche pour de grandes et belles créations et cela ouvrira des opportunités pour la valorisation et la transmission de la qualité et du savoir-faire des rituels de soin d’Afrique.

Que cette nouvelle génération métissée culturellement s’empare d’ici et d’ailleurs. L’avenir est dans la richesse de ce métissage : du grand concept-store Afro-Euro-Asie autour du bien-être !

Le Digui©
Sur rendez-vous
Contact : Renée Amy Béké
+ 33 6 03 23 48 82
amybeke@ledigui.com
Pour plus d’informations: 
http://www.ledigui-massage-africain.com/

Eva Glélé – contributrice