AUDE BERTRAND

Moi, pour ma part, je ne sais pas. Je ne sais pas et je ne comprends pas ce qui m’attire vers l’Afrique. C’est comme un aimant. Ou plutôt un futur. J’ai toujours su que j’étais concernée par ce continent. Et on me l’a toujours dit « ah, mais toi, c’est l’Afrique ! oh mais toi plus tard tu seras en Afrique ! » etc… les gens ont toujours vu mon futur et moi je le savais pas, comme quelque chose que je peux pas changer. Et c’est encore ça aujourd’hui. Je peux pas faire autrement; c’est comme ça. Pourtant dans ma famille et parmi mes proches, personne ne se lie à l’Afrique. Je crois que chaque personne a en soi toute la vérité du monde, et que chacun porte son passé, le présent, et son futur. Et moi, mon futur m’attire comme un aimant. Alors aujourd’hui, la seule chose que je peux faire c’est me creuser la tête pour savoir comment le faire au mieux. La relation entre l’Europe, mon continent de naissance, et l’Afrique est complexe et lourde. Ça pose donc plein de questions d’être entre les deux  aujourd’hui. Et ça c’est la rigueur que je m’impose : être face à toutes ces questions et les prendre à chaque instant comme point de départ de mes engagements. J’essaie toujours de poser ma situation au milieu de ces histoires. J’ai déjà quatre grands voyages divers en Afrique : une Afrique Australe avec mon père, une Afrique de l’Ouest pour vivre et travailler avant de poursuivre mes études, un riche voyage en Ethiopie, et une sacrée rencontre avec le Congo qui continue encore. Et ça va continuer… d’une manière ou d’une autre – et pourquoi, je ne sais pas ? – on est lié… Dans le futur, proche de la fin, notre regard pourra regarder le passé et sans doute comprendre ; mais pour l’instant ce n’est encore que l’aube ! Mais ce qui est sûr, c’est que tout ce que j’y apprend, ici ou là bas (car l’Afrique est aussi bien présente ici, en France !) est d’une richesse et d’une force incroyable. Une force qui me questionne, et une différence magnifique ! J’aime et j’adore des humanités qui pensent autrement les choses ; ça me fait adorer l’humanité pour sa richesse de belles diversités. Diversités présentes partout et à chaque niveau : au sein d’une personne, d’un village, d’une ville, d’un pays, d’un monde…d’ailleurs, c’est amusant, plus l’échelle est grande, moins on voit le diversité.

Voilà, donc je m’inscris aussi parmi ces gens dont le mouvement est de penser qu’un autre peut apporter beaucoup. Et aujourd’hui j’ai une grande soif d’apprendre les mondes en dehors de l’occident. Sans doute parce que je suis touchée par les critiques que l’on émet face à mon mode de pensée occidental…j’aimerai comprendre où on va, nos erreurs face à autrui, nos incompréhensions… tenter d’avoir l’humilité que l’on nous reproche de ne pas avoir…d’être une personne qui est seulement là et donc qui a beaucoup à apprendre de ce qui l’entoure. Donc vous voyez, beaucoup de choses s’y mêlent, beaucoup de sentiments, beaucoup de réflexions sur notre globalité, sur notre présent sur notre futur… et toutes ces questions, j’ai choisi, pour ma part, de les poser avec l’aide du continent africain.

Aude